La valeur catalogue des véhicules (de société) électriques est généralement plus élevée que celle des véhicules thermiques équivalents. Toutefois, se limiter à ce seul critère revient à passer à côté d’une grande partie de la réalité. L’examen du coût total de possession (TCO) du véhicule permet d’aboutir à une conclusion différente. Selon l’analyse du cabinet de conseil BDO, présentée par Sébastien Collard (Partner Tax), un véhicule électrique est aujourd’hui, dans de nombreux cas, le choix le plus rationnel, non seulement sur le plan écologique, mais aussi sur le plan financier (et fiscal).
Que signifie concrètement le TCO pour votre entreprise ?
Le coût total de possession donne une image complète de ce qu’un véhicule vous coûte réellement, sur toute sa durée d’utilisation. Il va donc bien au-delà du simple prix catalogue ou du coût de leasing.
Dans la pratique, le TCO tient compte de tous les éléments de coût pertinents et également de la fiscalité inhérente à ces couts :
• le financement ou le leasing du véhicule ;
• la consommation d’énergie ou de carburant ;
• l’entretien, les réparations et les assurances ;
• les charges fiscales et parafiscales (taxe de mise en circulation, taxe de circulation, cotisation CO₂, TVA non déductible, …) ;
• la valeur résiduelle éventuelle à la fin de la durée du contrat.
C’est précisément cette approche globale qui est essentielle. En effet, plusieurs petites différences en matière d’énergie, de fiscalité ou d’utilisation peuvent, lorsqu’elles sont cumulées, avoir une incidence financière considérable.
Électricité vs carburant : une différence qui chiffre
Les simulations du cabinet de conseil BDO illustrent très concrètement cette différence. Lorsque l’on compare une voiture électrique semblable à une voiture à essence classique, il apparaît que l’option électrique s’avère souvent nettement plus avantageuse et ce, malgré une valeur catalogue plus élevée.
Prenons par exemple la comparaison entre une BMW X3 (essence) et une BMW iX3 (électrique) mis à disposition d’un employé :
| Modèle | Prix catalogue | Émissions de CO2 | Coût mensuel total (TCO) |
| BMW X3 (essence) | 64 913 € | 158 g/km | environ 1 485 € |
| BMW iX3 (électrique) | 76 234 € | 0 g/km | environ 1 031 € |
Sur une période de 5 ans, cela représente :
• un coût total d’environ 89 000 € pour la voiture à essence ;
• contre environ 61 800 € pour la version électrique.
Cette différence de plus de 27 000 € s’explique par plusieurs facteurs :
• des coûts énergétiques moins élevés (électricité vs carburant) ;
• des cotisations sociales nettement moins élevées (cotisation CO₂) ;
• un traitement fiscal bien plus avantageux.
Cela joue également un rôle pour vos collaborateurs : l’avantage de toute nature est nettement moins élevé pour une voiture électrique, ce qui se traduit par une pression fiscale moindre .
Dans ce cas précis, l’avantage de toute nature s’élève à 2 614 € pour la voiture électrique, contre 7 956 € pour la version à essence. Cela représente une économie non négligeable pour l’utilisateur.

3 facteurs structurels qui jouent en faveur des voitures électriques
1. Énergie : d’un coût variable à un levier stratégique
Les prix des carburants se sont révélés particulièrement volatils au cours des dernières années. Ils sont fortement influencés par les marchés internationaux et les tensions géopolitiques, ce qui confronte les entreprises à des fluctuations difficiles à prévoir.
L’électricité offre davantage de contrôle à cet égard. Surtout lorsque votre entreprise mise sur sa propre production d’énergie, par exemple via des panneaux solaires.
L’énergie passe ainsi d’un simple coût à un levier stratégique. Vous réduisez votre dépendance aux fluctuations de prix externes et maîtrisez mieux vos coûts opérationnels.
2. Fiscalité : un changement clair
Le contexte fiscal en Belgique évolue très clairement en faveur de la mobilité électrique. Pour les véhicules électriques, la déductibilité fiscale restera élevée dans les années à venir, tandis que celle des véhicules à moteur à combustion sera systématiquement réduite pour atteindre finalement 0 %.
D’autres éléments entrent également en ligne de compte :
• des cotisations sociales réduites (cotisation CO₂) pour les voitures électriques ;
• un avantage de toute nature plus favorable ;
• des régimes de déduction intéressants pour les infrastructures de recharge.
Pour vous, en tant qu’employeur, cela se traduit par un coût total réduit. Pour vos collaborateurs, cela rend en outre l’utilisation du véhicule électrique plus attractive financièrement.
3. Moins de risques, plus de prévisibilité
Outre les coûts directs, il existe un troisième facteur souvent sous-estimé : le risque. Les entreprises qui restent dépendantes des combustibles fossiles restent exposées aux marchés internationaux et aux tensions géopolitiques. Ces dernières années ont montré à quelle vitesse ces facteurs peuvent entraîner des crises successives des prix.
L’électrification apporte une réponse à cette incertitude. En passant (partiellement) à l’électricité et à la production d’énergie autonome, vous construisez un modèle plus stable et plus prévisible.
Infrastructure de recharge : pas un obstacle, mais un accélérateur
Une préoccupation souvent exprimée concerne l’impact de l’infrastructure de recharge sur les coûts et la fiscalité. Là encore, la réglementation est aujourd’hui plus claire qu’on ne le pense souvent.
Ainsi, une borne de recharge peut être installée au domicile de l’employé sans avantage imposable supplémentaire, à condition que :
• la consommation soit correctement mesurée ;
• le remboursement de l’électricité s’effectue de manière transparente ;
• l’installation réponde aux exigences techniques.
Par ailleurs, les investissements dans l’infrastructure de recharge restent fiscalement intéressants, ce qui renforce encore davantage la rentabilité du projet.
Découvrez les solutions de recharge pour votre entreprise et comment les intégrer stratégiquement dans votre politique de mobilité.
Le TCO, boussole de votre stratégie de mobilité
Ce que ces informations mettent en évidence, c’est que les décisions en matière de mobilité ne sont plus aujourd’hui uniquement opérationnelles. Elles sont stratégiques.
Le choix d’une flotte de véhicules a un impact sur :
• votre structure de coûts ;
• votre profil de risque ;
• votre attractivité en tant qu’employeur ;
• votre contribution aux objectifs climatiques.
L’approche TCO vous aide à prendre cette décision de manière éclairée, en tenant compte des effets à court et à long terme.
Cela rejoint les analyses précédentes de Luminus, dans lesquelles nous démontrons que le coût réel d’une flotte électrique est souvent inférieur aux prévisions initiales.
De l’analyse à la mise en œuvre
Le passage à une flotte électrique n’est pas une décision isolée. Il touche plusieurs domaines au sein de votre organisation : les finances, les ressources humaines, les opérations et la gestion de l’énergie.
Voilà pourquoi il est important de procéder de manière structurée :
• Analysez votre flotte actuelle et vos habitudes d’utilisation.
• Déterminez quels véhicules peuvent être remplacés et à quel moment.
• Intégrez l’infrastructure de recharge dans votre politique énergétique.
• Tirez parti des optimisations fiscales.
• Impliquez vos collaborateurs dans le processus de changement.
Une approche réfléchie fait la différence entre une transition complexe et une opportunité stratégique.
Prêt à pérenniser votre flotte ?
La conclusion est claire : quiconque envisage la mobilité sous l’angle du coût total de possession constate que l’électrification est aujourd’hui le choix souvent le plus logique, tant sur le plan financier que stratégique.
En prenant dès maintenant les mesures adéquates, vous réduisez non seulement vos coûts, mais vous renforcez également votre stabilité, votre prévisibilité et votre indépendance.